Le lundi 15 décembre 2025, l’ensemble des parents d’élèves des écoles maternelles et primaires de la ville ont reçu un courriel de la mairie faisant part de « suspicions d’agressions sexuelles et de jeux à caractère sexuels entre enfants » à l’école maternelle Jacqueline de Romilly.
À ce jour, les parents destinataires de ce premier mail s’interrogent de n’avoir toujours pas reçu d’informations complémentaires depuis les faits.
Pire, ils ont tenté de capter désespérément de l’information par le biais des parents d’élèves de l’école Jacqueline de Romilly, puis d’autres parents, alimentant ainsi le circuit de rumeurs qui se répand dans toute la ville.
C’est pourquoi Camille Delarue a posé la question en séance. En voici la transcription.
Question posée
Madame le Maire,
Le lundi 15 décembre 2025, l’ensemble des parents d’élèves des écoles maternelles et primaires de la ville ont reçu un courriel de la mairie faisant part de « suspicions d’agressions sexuelles et de jeux à caractère sexuels entre enfants » à l’école maternelle Jacqueline de Romilly.
À ce jour, les parents destinataires de ce premier mail s’interrogent de n’avoir toujours pas reçu d’informations complémentaires depuis les faits.
Pire, ils ont tenté de capter désespérément de l’information par le biais des parents d’élèves de l’école Jacqueline de Romilly, puis d’autres parents, alimentant ainsi le circuit de rumeurs qui se répand dans toute la ville.
Cette absence de communication au plus fort de la gestion de crise a suscité une profonde angoisse et colère chez de nombreux parents.Il faut rappeler que les effectifs du périscolaire sont mutualisés pendant les vacances scolaires. La mutualisation concerne à la fois les lieux d’accueil et les personnels en charge des enfants.
Par ailleurs, officier de police judiciaire, le maire concourt par son pouvoir de police à l’exercice des missions de sécurité publique et de prévention de la délinquance.
Conformément à l’article L.132-3 du code de sécurité intérieure, « le maire est également systématiquement informé, à sa demande, par le procureur de la République, (…) des poursuites engagées, (…) lorsque ces décisions concernent des infractions constatées sur le territoire de sa commune (…) »
Nous comprenons la présomption d’innocence et nous la respectons. En revanche, la parole des enfants et de leurs familles doit être entendue et les familles doivent être correctement informées et accompagnées. C’est une question de respect.
Étant donné votre qualité d’officier de police judiciaire, nous vous demandons solennellement de prendre l’attache de Monsieur le Procureur de la République pour :
– connaitre le nombre exact de plaintes déposées dans cette affaire judiciaire,
– de le porter à la connaissance de notre conseil municipal,
– afin de quantifier et de mettre en œuvre les actions pour renforcer l’accueil de loisirs collectifs des mineurs, et en particulier chez les 3-11 ans.
Je vous remercie
Réponse apportée
Madame la Conseillère municipale d’opposition,
Je veux d’abord rappeler avec la plus grande clarté que, face aux faits signalés le 15 décembre 2025 à l’école maternelle Jacqueline de Romilly, la Ville n’a jamais tergiversé et a agi immédiatement, avec sang-froid, responsabilité et dans le strict respect de la loi.
Dès le jour même :
· les services de police ont été saisis et une enquête a été ouverte par le commissariat de Plaisir, transférée par la suite aux services de Viroflay ;
· l’agent concerné a été suspendu à titre conservatoire ;
· les familles ainsi que les représentants des parents d’élèves ont été informés.
Dans le même temps, une cellule d’accompagnement psychologique a été mise en place pour les enfants et leurs parents, et une réunion d’information a été organisée, à destination des familles concernées.
La SDJES a par ailleurs procédé à un audit du centre, qui n’a révélé aucun dysfonctionnement.
Je tiens également à souligner que les animateurs ont été accompagnés : ils ont été reçus individuellement par le service des ressources humaines, ainsi que lors de temps d’échange dédiés. Une cellule psychologique a également été mise en place via le Centre Interdépartemental de Gestion (CIG).
Deux réunions complémentaires ont ensuite été organisées au sein de l’école Jacqueline de Romilly afin de repréciser le fonctionnement des accueils et de répondre aux interrogations des équipes.
La Ville a enfin procédé à un signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale auprès de Monsieur le Procureur de la République, le 5 janvier 2026. Ce signalement est resté sans réponse.
S’agissant du nombre de plaintes déposées, ces informations relèvent exclusivement de l’autorité judiciaire. Elles ne sont ni communicables, ni accessibles à la Ville. Suggérer le contraire entretient une confusion préjudiciable, et, disons-le, alimente précisément les rumeurs que vous prétendez dénoncer.
Je veux être très claire sur un point : contrairement à ce que vous laissez entendre, une collectivité n’a ni à interférer dans une enquête judiciaire, ni à en divulguer des éléments couverts par le secret de l’instruction.
Notre ligne, elle est claire : protéger et accompagner les enfants, les familles et notre personnel, respecter la justice.
Et c’est exactement ce que nous avons fait.
Concernant l’organisation des accueils de loisirs et la protection des enfants de 3 à 11 ans, des mesures immédiates et renforcées ont été mises en œuvre :
· un renforcement de l’encadrement avec une présence accrue de la hiérarchie et de coordi
un rappel strict des règles professionnelles, des obligations et des postures attendues ;
· des mesures conservatoires immédiates dès lors qu’une situation le justifie, notamment l’éloignement de tout agent concerné de fonctions auprès de mineurs ;
· la mobilisation de partenaires spécialisés, tels que l’association Colosse aux pieds d’argile, l’ARS et le Samu social, pour accompagner les familles et les équipes ;
· la mise à disposition de dispositifs d’écoute, notamment le 119 – Allô Enfance en Danger ;
· un suivi rapproché et un encadrement renforcé des équipes concernées ;
· une sensibilisation continue de l’ensemble des agents aux enjeux de prévention et de protection des mineurs.
La Ville continuera d’agir avec responsabilité, sans céder ni à la pression, ni à l’émotion, ni aux instrumentalisations.
Notre priorité restera toujours la même : la protection des enfants, dans le respect de l’État de droit.